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École de pensée

imageÊtre conscient de ses biais cognitifs pour prendre de meilleures décisions de placement.


Chaque jour, nous prenons des milliers de décisions; pas moins de 35 000 selon certains[1]. La grande majorité sont routinières et sans grandes conséquences. D’autres en revanche comptent beaucoup plus. Les choix en matière de placements entrent généralement dans la catégorie des décisions importantes parce que les placements que nous faisons, quand nous les faisons, pendant combien de temps nous les conservons et quand nous les vendons sont tous des facteurs déterminants de notre bien-être financier à long terme.

Pourtant, toutes les décisions, grandes et petites, peuvent être influencées par une myriade de biais cognitifs, pour beaucoup préprogrammés dans notre cerveau afin de nous aider à gérer cette prise de décision incessante et, dans certains cas, à prendre des décisions de vie ou de mort en une fraction de seconde.

« [Les biais cognitifs] sont le fruit d’une adaptation au fil de l’évolution », explique Dr David Lewis, Ph. D., chef du service à la clientèle de la société d’experts-conseils en économie comportementale BEworks. « Notre cerveau a évolué afin de pouvoir penser très rapidement de façon non analytique. Face à un danger, il n’est pas très logique de s’asseoir pour analyser ce qu’il faut faire. Il est habituellement plus judicieux de simplement agir plutôt que de réfléchir longuement. »

L’ennui, c’est que les raccourcis mentaux, appelés « heuristiques », peuvent nous mener à faire des choix qui nous nuisent. La bonne nouvelle, dit Dr Lewis, est que le simple fait d’être conscient de l’existence des biais cognitifs nous permet de prendre un temps d’arrêt pour nous livrer à la « métacognition » (c.-à-d. penser à notre raisonnement) et de commencer à prendre de meilleures décisions.

Qui aime perdre?

Vous êtes invité à déjeuner avec quelqu’un qui peut faire décoller votre carrière, mais vous hésitez. Et si vous vous renversez de la nourriture dessus? Ou vous mettez à tousser sans pouvoir vous arrêter? Les risques surpassent-ils les gains potentiels? C’est peut-être plus prudent de décliner l’invitation.

L’aversion aux pertes fait partie des biais cognitifs susceptibles de pousser les épargnants à choisir la mauvaise direction. Personne n’aime perdre. En fait, sur les marchés, la douleur de la perte serait ressentie deux fois plus intensément que le plaisir du gain[2]. Par contre, la crainte de perdre peut conduire à des décisions qui compromettent un rendement à long terme.

« Les épargnants peuvent ne pas prendre suffisamment de risques pour obtenir le niveau de rendement requis à l’atteinte de leurs objectifs de gestion de patrimoine à court, moyen ou long terme », explique Dr Lewis. « Ils ont tendance à trop attacher d’importance à des facteurs à court terme et à éviter les risques, ce qui engendre une contreperformance à long terme. »

Mis à part les inciter à conserver leurs actifs dans un portefeuille trop « prudent » pour atteindre leurs objectifs, l’aversion pour la perte peut même pousser les épargnants à courir davantage de risques pour éviter une perte et, par exemple, à s’accrocher à un placement qu’ils devraient pourtant vendre pour ne pas réaliser une perte, ou à acheter des placements beaucoup trop risqués pour tenter de compenser une perte.

Si vous ne voulez pas que l’aversion pour la perte dicte vos décisions, pensez à tracer une division claire entre l’argent que vous épargnez pour le long terme et celui qui sert à couvrir les dépenses à court terme et les urgences. Une perte à court terme a d’importantes conséquences quand vous avez besoin de votre argent dans l’immédiat, mais elle ne devrait pas motiver une décision de placement dans un compte axé sur la croissance à long terme.

À quel point êtes-vous sûr de votre coup?

Vous cherchez un nouveau poêle, vous choisissez votre modèle et furetez les sites Web en quête du meilleur prix. Vous dénichez une aubaine, mais vous attendez. Vous vous dites que les prix vont sans doute baisser encore plus. « Achète maintenant. Tu ne trouveras pas plus bas comme prix! », vous affirme un ami employé par le magasin. Vous ignorez son conseil, convaincu de savoir mieux, puis les prix grimpent au lieu de diminuer.

Il arrive que des épargnants soient trop confiants et se croient davantage capables de prédire les marchés qu’ils le sont en réalité. Ils peuvent alors tenter d’anticiper le marché, autrement dit d’acheter quand les cours sont au plus bas et de vendre quand ils sont au plus haut. Ils risquent aussi de multiplier les opérations et d’engager des dépenses qui diminuent leur rendement, sans tenir compte des risques associés à une gestion active des placements. L’excès de confiance signifie parfois qu’ils n’écoutent plus l’avis de personne.

« Les gens surestiment souvent leurs propres capacités, ce qui les amène à refuser les conseils de professionnels », précise Dr Lewis. « Les erreurs ne font donc que s’additionner. » 

Une bonne stratégie pour surmonter le biais de l’excès de confiance est de prendre soin de réfléchir avant d’agir en vous disant que vous savez mieux que tout le monde. Prenez le temps de songer aux répercussions, positives et négatives, du geste que vous vous apprêtez à poser. Votre décision compromettra-t-elle votre planification à long terme? Par exemple, retardera-t-elle la date où vous pourrez prendre votre retraite?

Enfin, faites un effort conscient pour écouter attentivement ce que disent les autres, même s’ils sont en désaccord avec votre point de vue. N’oublions pas, comme le dit Dr Lewis, que, d’après les études, les gens qui ont reçu une formation professionnelle en gestion des placements, en économie et en finance ont tendance à être plus rationnels, à moins laisser les émotions influencer leurs décisions. Bref, votre conseiller mérite que vous lui prêtiez attention. 

Aveuglé par l’instant présent?

Vous attrapez un mauvais rhume et passez quelques jours au lit. Vous avez le sentiment qu’il est interminable. Vous ne vous rappelez même plus ce que c’était que de vous sentir en pleine forme. Votre rhume vous empêche de penser à quoi que ce soit d’autre. Puis, vous finissez par vous en remettre. Tout d’un coup, vous arrivez difficilement à vous souvenir du sentiment d’être malade.

Un autre biais entre en jeu quand les épargnants tiennent pour acquis que le rendement récent est représentatif du rendement futur. Ce qu’on appelle la « fausse perception de la représentativité » peut amener un épargnant à se retenir d’acheter quand les cours sont bas (le meilleur moment pour acheter) ou de vendre quand les prix sont élevés (le meilleur moment pour vendre).

Dr Lewis nous explique que les gens peuvent être obnubilés par la conjoncture et, par conséquent, même si ça semble paradoxal, éviter de prendre des risques quand ils le devraient et en prendre quand ils devraient jouer la prudence.

Comme les prix et les informations changent constamment, il est toujours important d’essayer de prendre du recul pour éviter de faire des choix uniquement bons à court terme.

Pour que l’avenir devienne davantage une préoccupation immédiate, demandez-vous : « À quoi va me servir cet argent dans 10 ans? » Et tâchez d’être aussi concret que possible dans votre réponse. Pour éviter d’agir sous le coup de l’émotion face à la conjoncture, soyez franc avec vous-même par rapport à ce que vous ressentez, puis déterminez si agir va aider ou nuire à votre capacité d’atteindre cet objectif financier de 10 ans.

Tout est sous contrôle?

Vous plantez des graines et, environ une semaine plus tard, des pousses vertes apparaissent. Soudain, elles commencent à se faner. Vous leur jetez un coup d’œil plusieurs fois par jour. Vous leur parlez, en prenez soin pour qu’elles grandissent. Vous les arrosez, mais peut-être trop. Il n’y a rien qui aide. Peut-être, disons bien peut-être, qu’il s’agit d’elles, et non pas de vous.

Dans la vie, bien des choses échappent à notre contrôle. Pourtant, les gens préfèrent se sentir maîtres de la situation. Et c’est tout à fait compréhensible. Par contre, ça peut leur donner l’illusion qu’ils ont le pouvoir d’influencer des événements aléatoires. Par exemple, certains pensent que leurs chiffres chanceux ont davantage de chances de gagner à la loterie, ou qu’il ne pleuvra pas s’ils trimballent un parapluie. C’est un autre biais, l’illusion de contrôle, qui est à l’œuvre.

Le désir de contrôler l’incontrôlable peut pousser les épargnants à faire n’importe quoi pour retrouver un sentiment de contrôle. Il les conduit aussi parfois à surveiller leur portefeuille de très près. D’ailleurs, Dr Lewis dit qu’il y a une corrélation négative entre la fréquence à laquelle ils vérifient leurs comptes et le rendement global de leur portefeuille.

« Plus les gens consultent leurs comptes fréquemment, plus le rendement est bas », affirme-t-il. « Ils pensent garder le contrôle, mais, en fait, ça les pousse à prendre de mauvaises décisions, et leur rendement finit par en souffrir. »

Une solution toute simple pour atténuer les effets de l’illusion de contrôle pourrait donc être de réduire le nombre de fois par semaine (ou par jour) où vous vous connectez à votre portefeuille pour vérifier vos placements. En ne voyant pas les petits hauts et bas inévitables de votre portefeuille, vous serez moins tenté d’agir pour le simple fait d’agir, ou de vendre quand vous devriez tout bonnement patienter pour obtenir de meilleurs résultats à long terme.

Nous sommes rationnels... jusqu’à un certain point 

Si la plupart d’entre nous aiment croire que, dans l’ensemble, nous nous comportons de façon rationnelle, il est plus juste de dire que nous obéissons à une rationalité « limitée ». En effet, nos décisions sont limitées par le temps, notre énergie mentale et notre volonté. Et ces contraintes ouvrent la porte aux raccourcis mentaux vulnérables aux biais cognitifs.

Le fait est que les biais cognitifs peuvent influer sur toutes nos décisions : comment placer notre argent, quoi acheter, quelle offre d’emploi accepter et même quels amis fréquenter. C’est pourquoi en être conscient constitue un premier pas important pour réduire leur impact et accorder une plus grande place au rationnel dans nos choix. Il peut également être très utile de solliciter un deuxième avis objectif auprès de quelqu’un de bien informé – et, dans le domaine des placements, la meilleure personne à qui vous adresser est votre conseiller.

« Les conseillers en placement sont d’une aide extrêmement précieuse pour les épargnants et peuvent réellement les empêcher de commettre des erreurs aux conséquences irréparables sur leurs avoirs, leur bonheur, leur retraite et leur bien-être », souligne Dr Lewis.

DIX AUTRES BIAIS COGNITIFS

01. Ancrage : trop se fier aux premiers renseignements obtenus sur un sujet

02. Surabondance de choix : reporter ou éviter des décisions quand il y a trop d’options

03. Préjugés de confirmation : chercher à accumuler des renseignements qui confirment votre point de vue

04. Aversion de la dépossession ou effet de dotation : surévaluer quelque chose qu’on possède

05. La peur de laisser passer une occasion : craindre que d’autres connaissent une expérience plus fructueuse

06. Mimétisme : copier ce que d’autres font

07. Optimisme : croire que des ennuis risquent moins de vous arriver qu’à d’autres

08. Loi de l’apogée/fin : juger une expérience d’après son degré d’intensité le plus élevé et sa fin

09. Projection : surestimer à quel point les gens sont d’accord avec vous

10. Coûts irrécupérables : s’accrocher à quelque chose en raison du temps ou de l’argent investi

Source : https://humanhow.com/en/list-of-cognitive-biaseswith-examples


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[1] www.psychologytoday.com/ca/blog/stretching-theory/201809/how-many-decisions-do-we-make-each-day

[2] www.behavioraleconomics.com/resources/mini-encyclopedia-of-be/loss-aversion


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